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 Les Berbères

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Umah
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MessageSujet: Les Berbères   Mar 20 Juin à 11:38

L’ORIGINE DES BERBÈRES
Par Gabriel CAMPS

Connus depuis l’antiquité pharaonique sous les noms de Lebu, Tehenu, Temehu, Meshwesh, les Berbères subsistent dans un immense territoire qui commence à l’ouest de l’Égypte. Actuellement des populations parlant le berbère habitent dans une douzaine de pays africains, de la Méditerranée au sud du Niger, de l’Atlantique au voisinage du Nil.

Mais cette région qui couvre le quart Nord-Ouest du continent n’est pas entièrement berbérophone, loin de là ! Aujourd’hui, dans cette région, l’arabe est la langue véhiculaire, celle du commerce, de la religion, de l’État, sauf dans la marge méridionale, du Sénégal au Tchad où la langue officielle est le français. Ainsi, les groupes berbérophones sont isolés, coupés les uns des autres et tendent à évoluer d’une manière divergente. Leur dimension et leur importance sont très variables. Les groupes kabyle en Algérie, Braber et Chleuh au Maroc représentent chacun plusieurs centaines de milliers d’individus tandis que certains dialectes, dans les oasis, ne sont parlés que par quelques dizaines de personnes. C’est la raison pour laquelle les cartes d’extension de la langue berbère n’ont pas grande signification. Le territoire saharien couvert par les dialectes touareg (tamahaq) en Algérie, Libye, Mali et Niger est immense mais les nomades berbérophones qui le parcourent et les rares cultivateurs de même langue ne doivent guère dépasser le nombre de 250 ou 300 000. Ils sont à peine plus nombreux que les habitants du Mzab qui occupent dans le Sahara septentrional, un territoire mille fois plus exigu. Le bloc kabyle est dix fois plus peuplé que la région aurasienne, plus vaste, où est parlé un dialecte berbère différent.

En fait il n’y a aujourd’hui ni une langue berbère, dans le sens où celle-ci serait le reflet d’une communauté ayant conscience de son unité, ni un peuple berbère et encore moins une race berbère. Sur ces aspects négatifs tous les spécialistes sont d’accord… et cependant les Berbères existent.

Histoire

Antiquité
Le nom de « berbère » est issu de barbarus, donné par les gréco-romains à tout ce qui n'était pas de coutumes et de civilisation gréco-romaine. Les Romains n'ont jamais réussi à soumettre ces peuples même après la prise de Carthage au Ve siècle, d'où leur nom. Parmi quelques grands noms de l'histoire amazighe, on peut citer : Mesnsen (Massinissa), Yugurthen (Jugurtha), Juba II, Apulée, Saint Cyprien, Saint Augustin, Dihya (Kahena), Kuseilan.

Epoque moderne
La culture et les langues berbères ont survécu depuis les grandes conquêtes vandales, romaines, byzantines, arabes (VIIe siècle) jusqu'à l'occupation française, en passant par la présence turque.

Cette culture reste vivante en Algérie et au Maroc, qui comprennent une grande partie des Berbères. Elle est aussi présente en Libye et en Tunisie et dans une grande partie du Sahara (Touaregs en Algérie, Burkina Faso, Libye, Mali, Maroc, Niger).

En 1980, les manifestations du Printemps berbère éclatent, au cours desquelles les berbérophones de Kabylie et d'Alger réclament l'officialisation de leur langue.

En 1996, une réforme de la Constitution algérienne reconnaît la dimension berbère du pays aux côtés de l'arabe et de l'islam. Parallèlement, les autorités fondent un Haut Commissariat à l'amazighité.

En 2000, Berbère Télévision commence à émettre dans cette langue depuis Paris. Le 17 octobre 2001, le roi Mohammed VI du Maroc crée un Institut royal de la culture amazigh (IRCAM) (site internet) pour promouvoir la culture berbère.
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Umah
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MessageSujet: Re: Les Berbères   Mar 20 Juin à 11:47

Les Berbères en Afrique du Nord



Répartition de la population berbère

Maroc:
12,000,000
Algérie:
8,500,000
France:
1,200,000
Niger:
1,000,000
Mali:
700,000
Libye:
350,000+
Belgique:
200,000
Pays-Bas:
200,000
Liban, Israël, Syrie et Jordanie:
100,000
Tunisie:
100,000
Mauritanie:
80,000
Burkina Faso:
50,000
Espagne:
50,000
Egypte:
10,000

Population totale : estimée à 25 millions.

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Umah
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MessageSujet: Re: Les Berbères   Mar 20 Juin à 13:05

Des traditions religieuses méditerranéennes

Les ethnologues ont remarqué la persistance en Afrique du Nord de coutumes religieuses venues du polythéisme gréco-romain.
Ainsi, jusque dans ses rites en apparence les plus insignifiants, le sacrifice d'automne (taferka-uidjiben) prolonge ceux de la Grèce antique qui, d'après une inscription de Mycènes, étaient consacrés à Zeus, dieu du ciel et à Gé, la terre-mère, avec un repas commun rassemblant les membres d'un clan autour du même autel. (Voir L.R. FARNELL, Sacrifice, in Hastings's Encyclopedia for ethics and religion).

En Algérie, les rites accompagnant les troupeaux partant au premier pâturage de printemps - avec le passage entre l'araire et le métier à tisser - sont les mêmes que ceux de l'Antiquité fêtant la saison de l'accouplement (voir COLUMELLE, De re rustica, VIII).

A la moisson, les laboureurs kabyles accompagnent leur travail de chants pieux, comme les moissonneurs de l'Égypte et de la Syrie antiques qui avançaient en ligne pendant que flûtistes et chanteurs rythmaient leurs mouvements. (voir G. MASPÉRO, Histoire ancienne des peuples de l'Orient, Hachette, 3e édition, 1884, tome I).

Le sacrifice du taureau, animal agraire par excellence, associé à tous les travaux des champs, est chargé de représentations cosmiques sur tout le pourtour de la Méditerranée. La mort de Dionysos Zagreus mis en pièces préfigure certainement ce sacrifice (voir P. LAVEDAN, Dictionnaire illustré de la mythologie et des antiquités grecques et romaines, Hachette, 4e édition, 1931).

Corippus, poète latin africain du Vie siècle montre le roi des Louata (Levates), Berbères de Tripolitaine, tué dans une bataille contre les Byzantins, parce qu'il s'obstinait à sauver la statue du dieu de son peuple, Gurzil. Celui-ci avait la forme d'un taureau et son nom servait de cri de guerre. El Bekri signale qu'au XIe siècle encore les tribus berbères offraient des sacrifices à une idole qu'il appelle Guerza.

Les traditions populaires qui, en Algérie, sont liées à la fin de l'année et au début de l'an nouveau appartiennent aussi au vieux fonds méditerranéen. A cette époque, les âmes des morts reviennent sur terre, profitant du chaos de cette période incertaine. En Europe orientale comme en Afrique du Nord, il ne faut pas faire sortir le feu de la maison, que l'on balaie soigneusement pour ne pas offenser les esprits qui y sont présents. C'est aussi l'époque des mascarades qui manifestent la présence des morts au seuil de la nouvelle année. Par exemple, "dans le village de Khemis, chez les Bäni Snus, les masques sortent du sanctuaire de Sidi Salah, tombeau de l'ancêtre protecteur, bâti au nord du village. Ils sont escortés de tous les jeunes gens, qui poussent le cri des masques : "Aïrad ! usba'a rahmaji, haidhu" (le lion va arriver, faites-lui place)." (H. MARCHAND, Masques carnavalesques et carnaval en Kabylie, Rabat, 1938).

On sait que le masque vêtu de haillons et sortant du sanctuaire de l'ancêtre est à l'origine du drame sacré et du théâtre. Pausanias mentionne Dionysos Mélanaigis, c'est-à-dire à la peau de chère noire, dieu gardien de chaque foyer, auquel on présentait les nouveau-nés lors des Apaturies, fête des phratries (voir Description de la Grèce, traduction, Paris, 1821). Virgile parle des masques d'écorce creusée dont se servaient les Troyens pour honorer Bacchus (Géorgiques, II, 385).

L'esprit méditerranéen est chez lui en Kabylie même si les coutumes religieuses de cette région ont été laminées par les autres religions au cours des siècles. En effet, "il fallut la force des armes, des répressions sanglantes, pour imposer aux Berbères de jadis une doctrine et une loi religieuses, morales et civiques, dont ils ne voulaient point." (René POTTIER, Saint Augustin le Berbère, Publications techniques et artistiques, 1945).

La notion de pseudomorphose et la civilisation berbère
Problème de l'au-delà

Sur les bords de la Méditerranée, les fèves sont les prémices de la terre, le symbole de tous les bienfaits des "gens de dessous terre" ;
Les vieux textes égyptiens appellent "champ des fèves" le séjour temporaire des morts avant la réincarnation ;
c'est pourquoi Pythagoriciens et prêtres d'Isis s'abstenaient de manger des fèves, pour montrer qu'ils fuyaient la réincarnation ;
En Kabylie, la jeune mariée jette des fèves à la fontaine avant de puiser de l'eau pour la première fois, sept jours après les noces ;
Le repas qui accompagne le premier labour chez les paysans du nord de l'Afrique comprend presque toujours des fèves, symboles de fécondité et de résurrection, parce que premières des prémices du printemps ;
Chez les Berbères d'Afrique du Nord, les enfants morts sont placés dans le creux des rochers pour renaître plus vite, car le roc est le domicile d'une entité femelle, il symbolise la matrice et la renaissance.

Le symbolisme des jeux enfantins
Chez les Berbères, les jeunes enfants qui jouent à de prétendus "jeux de poupées" accomplissent en réalité des rites de fécondité qu'ils peuvent seuls réaliser.
Pour les enfants de Kabylie, il existe des jeux pour les différentes saisons :

La toupie : jeu d'automne symbolisant le recommencement de l'année agraire.
Saute-mouton, au printemps, pour promouvoir la fécondité des troupeaux.
Jeux de balle, en été, destinés à faire connaître la volonté de l'Invisible par la victoire d'une équipe sur une autre.

Mariage
Pour la femme kabyle, le mariage est la sortie de trois cercles magiques qui l'entourent :

le cercle de la maison,
le cercle de la cité,
le cercle de protection de l'ancêtre fondateur de la tribu.

Cette désertion doit se faire sans offenser les génies gardiens ; on utilise donc une violence simulée, un enlèvement : la femme se débat, pleure...
En entrant dans la nouvelle communauté, elle se concilie ses nouveaux génies gardiens de deux manières :

Distribution d'amandes, devenues nos dragées,
Partage d'un plat de nourriture avec son mari, en utilisant à deux la même cuillère et en buvant du lait dans le même verre.

Mythe de fondation de la civilisation kabyle

On parle de Phraoh, un roi géant, parti de l'Est, chargé des montagnes plantées de cèdres de son pays, qu'il voulait emporter avec lui.
Arrivé en Kabylie, il s'écroula ; de sa tête et de ses quatre membres sortirent les cinq tribus kabyles que les Romains appelaient encore quinque gentes.
Les montagnes s'enracinèrent et devinrent le Djurdjura.

Des problèmes historiques

L'histoire montre qu'un peuple vaincu adopte la langue du conquérant si celui-ci a une supériorité culturelle considérable, ce qui n'était pas le cas des premiers groupes d'Arabes arrivés en Afrique du Nord et, bien plus encore, quand il s'agissait des hordes hilaliennes.

On sait que les livres primitifs du christianisme étaient écrits en araméen, dont les juifs eux-mêmes se servaient à Jérusalem. Puis les Évangiles ont été rédigés en grec ancien, utilisé de la Méditerranée aux Indes et qui restera la langue des chrétiens orthodoxes et des communautés qui s'y rattachent. Enfin, le latin fut adopté par le christianisme romain.

En ce qui concerne l'islam, il convient de remarquer que le Coran n'a appris l'arabe ni aux Turcs, ni aux Indiens musulmans dont la langue est l'ourdou, ni aux Chinois, ni aux Malais.

On pense actuellement que c'est le punique, langue sémitique, qui a préparé les Berbères à l'emploi de l'arabe dialectal, différent de l'arabe classique, langue sacrale, de même que l'arianisme leur a fait accepter l'islam.

La parenté des langues sémitiques est très étroite si bien que des penseurs comme Arnobe, saint Augustin, Procope attestent que, de leur temps, les paysans de l'Afrique du Nord parlaient encore le punique. On a pu dire, à juste titre : "il est donc probable que la langue punique fut parlée jusqu'à l'invasion musulmane. Peut-être la facilité avec laquelle l'arabe prit possession de ces contrées et la disparition complète du latin tenaient-elles à la présence de cette première couche sémitique. L'arabe, en effet, n'absorba que les dialectes qui lui étaient congénères, tels le syriaque, le chaldéen, le samaritain. Partout ailleurs il ne put effacer les idiomes établis." (Ernest RENAN, Histoire générale des langues sémitiques in : OEuvres complètes, volume VIII, réédition Calmann-Lévy, 1958).

Les dialectes berbères sont issus des langues parlées au Maghreb avant la conquête arabe au VIIIe siècle, après laquelle des zones importantes sont demeurées berbérophones jusqu'à nos jours. Le berbère, qui fait partie du groupe chamito-sémitique s'est enrichi de nombreux emprunts à l'arabe puis au français.

Les dialectes sont nombreux. Le Maroc comporte trois groupes : le chleuh dans le Sud (Haut Atlas, le tamazight dans le Mayen Atlas et le rifain dans le Nord. En Algérie, le groupe principal est constitué par le kabyle. Les autres parlers sont le chaouia dans les Aurès, le mozabite au Mzab et le touareg dans le Sahara. Ce qui reste de berbère en Tunisie se trouve dans la région de Médénine, à l'extrême Sud du pays (Voir Salem CHAKER, Textes en linguistique berbère (introduction au domaine berbère, C.N.R.S., 1984).

Un renouveau berbère s'est manifesté récemment : l'enseignement de la langue et la reconnaissance de sa place dans la culture de l'Algérie sont l'objet de revendications. Cette renaissance est liée aussi à la politique d'arabisation qui veut faire de la langue du Coran un moyen de communication débordant de l'usage écrit et religieux.

Il est évident que, par-delà les fluctuations conjoncturelles, le problème culturel kabyle est profond, durable et non réductible. Il ne faut pas dire que "les Berbères, du fond de la préhistoire, attendaient la conquête arabe pour réaliser leur destin historique : la disparition par osmose harmonieuse dans l'arabité et l'islam ! En un mot, la destinée des Berbères a été scellée une fois pour toutes, il y a treize siècles... Les résolutions du gouvernement (Algérien) s'inscrivent sans nuances dans la mouvance de l'arabisme intolérant, agrémenté d'une vision bureaucratique de la culture. Le caractère exclusif de la langue arabe et de la culture arabo-islamique y est réaffirmé de façon virulente." (Salem CHAKER, Berbères, une identité en construction, Edisud, 1987).

Il faut souligner que c'est la recherche universitaire française au XIXe siècle qui a fait découvrir l'existence d'une histoire pré-islamique berbère, l'arabité et l'islamité du Maghreb étant des données relativement tardives.

Source :
http://www.tamurth.net/article.php3?id_article=124
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